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Simulation of flame propagation following liquid-hydrogen leak

Soutenance de thèse Sébastien Missey

Mardi 24 février 14 h 00 – Amphithéâtre Nougaro

Résumé:

L’hydrogène est un vecteur énergétique décarboné dont l’utilisation pourrait contribuer à réduire les émissions de nombreux secteurs tels que les transports ou l’industrie lourde. Au-delà des questions sur sa production (qui sont actuellement très émettrices), l’usage de l’hydrogène n’émet que de la vapeur d’eau, que ce soit par combustion ou dans une pile à combustible. Cependant, l’hydrogène possède des caractéristiques très différentes des carburants actuellement employés.

Celui-ci est très réactif, avec une très faible énergie d’allumage, une très large zone d’inflammabilité et une vitesse de flamme laminaire supérieure d’environ un ordre de grandeur. De plus, un des principaux obstacles à son déploiement massif est sa faible densité énergétique volumique. Certes, sa densité énergétique massique est très attrayante (3 fois celle du kérosène par exemple), mais du fait de sa faible masse volumique, le gain de masse est complètement perdu niveau volume. Ainsi, les solutions envisagées pour contrer ce problème sont, soit un stockage sous forme gazeuse haute pression (200 − 700 bar), soit sous forme liquide (𝑇 ~ 20 K).

Toutes ces caractéristiques qui sortent de l’ordinaire, couplées à une utilisation plus répandue, vont créer de nouvelles questions de sécurité. Certes, l’usage final de l’hydrogène sera sous forme gazeuse, mais pour la manipulation et le transport, la liquéfaction est une option avantageuse pour la manipulation et le transport, et une attention particulière est requise. En phase liquide, une fuite accidentelle (rupture de réservoirs ou de pipelines) est l’incident le plus probable. Dans ce contexte, l’hydrogène liquide va former une flaque, s’évaporant très rapidement et formant un nuage inflammable. Ce nuage est composé d’hydrogène gazeux, mélangé à l’air ambiant et un brouillard résultant de l’humidité ambiante. De plus, la taille caractéristique de ce nuage peut facilement atteindre la dizaine de mètres.

Ainsi, des questions sont soulevées : que se passe-t-il lors d’un allumage non désiré ? Quels sont les dégâts potentiels ? Comment définir les mesures de sécurité ?

Ce travail se porte sur l’impact d’un allumage non désiré d’un nuage inflammable issu d’une fuite de LH2. L’étude utilise l’approche numérique, plutôt avec des simulations à haute résolution et le développement de méthodes pour ce genre d’événements de tailles importantes. La première partie s’oriente sur le comportement des modèles avec un environnement cryogénique, en montrant que ceux-ci sont robustes en particulier à basse température. La deuxième partie est une analyse conjointe numérique et théorique des mécanismes d’accélération de la flamme dans un nuage inflammable et montre que l’accélération dans des milieux stratifiés est pilotée par le produit de la vitesse de flamme laminaire avec la dilation thermique. Pour finir, la troisième partie change d’échelle, avec des simulations, d’abord en 2D, d’une dispersion d’hydrogène liquide et allumage du nuage inflammable, avec l’utilisation de la méthode d’adaptation de maillage dynamique et en discutant de manière critique ses forces et ses faiblesses. Puis, pour finir, les simulations gagnent une dimension supplémentaire, passant dans un domaine 3D, où les développements et les observations des simulations 2D permettent de calculer des cas proches de l’échelle réelle.

 
Abstract:

Hydrogen is a carbon-free energy carrier whose use could help decarbonize many sectors, such as transportation and heavy industry. Beyond questions about its production (which currently generates high emissions), the use of hydrogen emits only water vapor, whether through combustion or in a fuel cell. However, hydrogen has very different characteristics compared to fuels currently in use. It is highly reactive, has a very low ignition energy, a very wide flammability range, and a laminar flame speed that is approximately one order of magnitude higher. Moreover, one of the main obstacles to its widespread deployment is its low volumetric energy density. While its energy per mass unit is large (three times that of kerosene, for example), its low density means that the mass gain is lost in terms of volume. The solutions considered to counter this problem are either storage at high-pressure (200 − 700 bar) or in liquid state (𝑇 ~ 20 K).

All these unusual characteristics, coupled with more widespread use, will raise new safety issues. Although end-use will be in gaseous phase, liquefaction is an advantageous option for handling and transport, and a specific attention is required. In liquid phase, an accidental leak-rupture of tanks or pipelines-is the most probable incident. Liquid hydrogen would form a pool, evaporating very quickly resulting in a flammable cloud. This cloud is composed of gaseous hydrogen mixed with ambient air and a mist resulting from ambient humidity. In addition, the characteristic size of this cloud can easily reach tens of meters. This raises the following

questions: what happens in the event of unwanted ignition? What is the potential damage? How should safety measures be defined?

This work focuses on the impact of the unwanted ignition of a flammable cloud resulting from an LH2 leak. The study uses a numerical approach, with high-resolution simulations and the development of methods for this type of large-scale event. The first part focuses on the behavior of models in cryogenic conditions, showing that they are robust, at low temperatures. The second part is a joint numerical and theoretical analysis of the mechanisms of flame acceleration in a flammable cloud, and shows that acceleration in stratified environments is driven by the product of laminar flame velocity and thermal expansion. Finally, the third part changes scale, with simulations, first in 2D, of liquid hydrogen dispersion and ignition of the flammable cloud, using the dynamic mesh adaptation method, critically discussing its strengths and weaknesses. Finally, the simulations gain an additional dimension, moving into a 3D domain, where the developments and observations from the 2D simulations make it possible to compute cases that are close to full scale.

Composition du jury
  • Pr. Antonio ATTILI, University of Edinburgh, Rapporteur

  • Dr. Benedetta FRANZELLI, CNRS-EM2C,Rapporteur

  • Dr. Vincent MOUREAU, CNRS-CORIA, Examinateur

  • Pr. Francisco Javier SÁNCHEZ VELASCO, Universidad Politécnica de Cartagena, Examinateur

  • Dr. Laurent SELLE, CNRS-IMFT, Directeur de thèse

     

     

  • Dr. Omar DOUNIA, CERFACS, Co-Directeur de thèse

  • Étienne HAVRET, CEA-Liten, Invité