Montaison/dévalaison piscicole, ouvrages de franchissement

Vis-à-vis des problématiques de montaison et dévalaison des poissons, les différentes études, couplant des approches expérimentales sur modèle réduit et des modélisations numériques, ont permis de caractériser finement des écoulements à l’intérieur de ces structures et de conforter ou de préciser des critères de conception et dimensionnement des dispositifs de franchissement (Cassan et al., Journal of Hydraulic Engineering, 2014 ; Cassan et al., Knowledge and Management of Aquatic Ecosystems, 2016). Ces travaux ont notamment fait l’objet des thèses de Tran Dung T. (2011-2015, Financement Vietnam) et Ducrocq T. (2012-2016, Financement OFB) sur les rampes à macrorugosités (IMFT), de Ballu A. (2013-2017, Financement OFB-VNF) sur les passes à bassins (Institut Pprime) et de Guiot de la Rochère L. (2016-en cours, Financement OFB) sur la gestion des systèmes de canaux dans les marais littoraux (IMFT). Depuis les années 2000, le groupe entretient une collaboration active avec l’Institut P’ de Poitiers portant sur la conception des dispositifs de franchissement piscicoles (passes à bassins et prises d’eau ichtyocompatibles pour la dévalaison) alimentant des échanges sur les métrologies et outils numériques adaptés à ces objets de recherche. Par ailleurs, les besoins opérationnels de restauration de la continuité écologique en milieu aquatique induisent également des collaborations scientifiques entre notre groupe, des gestionnaires locaux (UNIMA, CD17) et l’UMR G-EAU de Montpellier, avec laquelle nous codirigeons la thèse de L. Guiot de la Rochère (2016-en cours, Financement OFB). L’objectif est de produire un outil de modélisation hydraulique permettant de concilier les usages locaux (maintenir une ligne d’eau, limiter les entrées marines…) et les remontées des civelles (franchissement des ouvrages à la mer et d’étagement). Les outils numériques développés permettront d’alimenter la mise à jour du logiciel Cassiopée pour le dimensionnement de passes à poissons (http://cassiopee.g-eau.net).

Modélisation numérique LES d'un ouvrage de franchissement piscicole (passe à macrorugosités), la surface libre est colorée par la vitesse de surface (m/s)

Dans la continuité de ces études hydrauliques, les travaux se sont progressivement orientés vers des recherches de validation biologique des dispositifs préconisés. En particulier, sur la période 2015-2019, des études en collaboration avec les services R&D et CIH d’EDF sur 8 sites pour les juvéniles de saumon et 5 sites pour les anguilles ont consisté à évaluer l’efficacité des dispositifs de dévalaison pour ces 2 espèces à forts enjeux de conservation. Les résultats obtenus avec 80-100% d’efficacité sur les smolts et 95-100% sur les anguilles permettent de définitivement valider les recommandations et constituent un aboutissement (Tomanova et al., Ecological engineering, 2018). Un cycle d’études comparable vient d’être engagé en 2018 sur les rampes à macrorugosité, aussi bien in situ qu’en laboratoire, en tirant profit du nouveau canal inclinable construit à l’IMFT.