Impact hydrodynamique d’une végétation allongée et battante
Soutenance de thèse Louis Vallier
Mardi 10 mars à 10 h 00 – Amphithéâtre Nougaro
Cette thèse est réalisée en partenariat avec l’OFB. L’un des enjeux de leurs travaux de recherche concerne l’amélioration des modèles prédictifs des débits hydrauliques et sédimentaires dans les rivières, afin d’en assurer une gestion durable. Parmi les fonds complexes rencontrés en milieux naturels, la végétation peut occuper une part importante de certaines sections de cours d’eau. Il est reconnu que ces végétations ont un impact hydrodynamique considérable sur l’écoulement et réduisent fortement son efficacité hydraulique. Par conséquent, elles affectent aussi le transport de matière solide, en augmentant le piégeage des sédiments en suspension et en réduisant le flux de sédiments érodés par l’écoulement. Parmi ces végétations, les structures flexibles et élancées ont été peu caractérisées dans la littérature, or, ces morphologies sont largement représentées au fond des rivières.
Afin de caractériser l’impact hydrodynamique de ce type de végétation, nous construisons un modèle synthétique de végétation dense, allongée et flexible, constitué de bandes plastiques transparentes encastrées sur des plaques de PVC fixées au fond d’un canal hydraulique. Des mesures fines du champ de vitesses à travers cette végétation sont réalisées par vélocimétrie par images de particules (PIV), et des images ombroscopiques des filaments battants sont enregistrées.
La forte reconfiguration de la végétation forme un couvert dense induisant un blocage marqué des échanges verticaux de quantité de mouvement. Ce blocage conduit à une séparation de la structure de l’écoulement en deux couches caractéristiques. La première, dite de sillage, est située près du fond où les filaments encastrés se courbent fortement sous l’action du courant, générant une dynamique recirculatoire et dispersive à l’échelle du motif, et une réduction notable de la traînée. La seconde, dite de battement, correspond à la zone où la végétation interagit avec les grandes structures turbulentes et où les filaments dissipent une partie du flux turbulent en traînée.
Nous montrons que cette dynamique turbulente complexe s’accompagne d’une modification importante de la structure de la couche limite turbulente en comparaison de végétations rigides. Du fait de la séparation des échelles caractéristiques de traînée associées respectivement à la base encastrée et aux filaments battants, nous proposons une modélisation de la traînée par couche. Sur la base de l’équilibre vertical 1-D des flux de quantité de mouvement, ces lois de traînée végétale sont intégrées dans un modèle prédictif de la résistance, adapté au cas des végétations élancées et flexibles.
This thesis is carried out in partnership with the French Biodiversity Agency (OFB). One of the key objectives of their research efforts is to improve predictive models of hydraulic and sediment transport rates in rivers in order to ensure sustainable management. Among the complex bed conditions encountered in natural environments, vegetation can occupy a significant portion of certain river cross-sections. It is well established that such vegetation has a considerable hydrodynamic impact on the flow and strongly reduces its hydraulic efficiency.
Consequently, vegetation also affects the transport of solid material by increasing the trapping of suspended sediments and reducing the flux of sediments eroded by the flow. Among these vegetated systems, flexible and elongated plant structures have been poorly characterized in the literature, even though they are widely present on riverbeds.
To characterize the hydrodynamic impact of this type of vegetation, we construct a synthetic model of dense, elongated, and flexible vegetation composed of transparent plastic strips embedded in PVC plates fixed to the bottom of a hydraulic flume. High-resolution velocity-field measurements through the vegetation are obtained using Particle Image Velocimetry (PIV), and shadowgraphic images of the flapping filaments are recorded.
The strong reconfiguration of the vegetation forms a dense canopy that induces a pronounced blockage of vertical momentum exchange. This blockage leads to a separation of the flow structure into two characteristic layers. The first, referred to as the wake layer, is located near the bed, where the embedded filaments bend strongly under the action of the flow, generating recirculating and dispersive dynamics at the scale of the canopy pattern and a significant reduction in drag. The second, referred to as the flapping layer, corresponds to the region where vegetation interacts with large turbulent structures and where the filaments dissipate part of the turbulent flux through drag.
We show that this complex turbulent dynamics is associated with a substantial modification of the structure of the turbulent boundary layer compared with more rigid vegetations. Because the characteristic drag scales associated with the embedded bases and the flapping filaments are distinct, we propose a layer-wise modeling of vegetation drag. Based on the 1-D vertical momentum balance, these vegetation drag laws are integrated into a predictive resistance model adapted to dense, elongated, and flexible canopies.
Composition du jury
M. David HURTHER, Rapporteur, CNRS / LEGI
Mme Frédérique LARRARTE, Rapporteure, Université Gustave Eiffel / Laboratoire d’Hydraulique St
VenantMme Katell GUIZIEN, Rapporteure, Observatoire Océanologique de Banyuls / LECOB
M. Pierre SAGNES, Examinateur, IMFT
M. Olivier EIFF, Examinateur, Karlsruhe Institute of Technology
M. Frédéric MOULIN, Directeur de thèse, Université de Toulouse / IMFT
M. Ludovic CASSAN, Co-directeur de thèse, CERFACS / CECI