Partenaires

CNRS INPT UPS



Rechercher

Sur ce site


Accueil > Evénements Scientifiques > Soutenances de Thèses et HDR > Thèses et HDR 2014 > Thèse Dominique Courret

Thèse Dominique Courret

18 décembre 2014

Problématique des impacts de la gestion par éclusées des aménagements hydroélectriques sur les populations de poissons - Caractérisation des régimes d’éclusées et du niveau de perturbation hydrologique, et réflexions sur les mesures de mitigation

Dominique Courret

Vendredi 19 décembre à 9 h 30

Amphithéâtre Nougaro

Résumé :

La gestion par éclusées des aménagements hydroélectriques (plus de 150 en France) pour la production d’énergie de pointe engendre de brusques variations de débit sur les cours d’eau et est susceptible d’altérer la composition, l’abondance et la structure des populations de poissons et
d’invertébrés, sur de longues distances. Les objectifs de cette thèse ont été (1) de développer une méthode de caractérisation des éclusées au sein des hydrogrammes, ainsi qu’un indicateur synthétique du niveau de perturbation hydrologique, et (2) de progresser dans la définition des mesures de mitigation des impacts des éclusées sur les poissons.
A partir de l’analyse de 97 stations et 1575 années de données de débit, les gradients des variations naturelles de débit ont tout d’abord été caractérisés sur 8 gammes entre 5% et 4 fois le débit moyen interannuel (module). Des formules représentant les variations de débit « les plus rapides
possibles naturellement » ont été construites en tenant compte du type de variation (hausse ou baisse), de la taille du cours d’eau (via le module) et de la gamme de débit sur laquelle se déroule la variation, pour ensuite discriminer les éclusées des événements naturels.
A partir de l’analyse de 80 stations et 491 années de données de débit influencées par les éclusées, une méthode a été mise au point pour repérer au sein des hydrogrammes les éclusées dont les caractéristiques sont au-delà de ce qui peut se rencontrer en hydrologie naturelle, à partir de 3
critères : une amplitude minimale (≥ à 10% du module et ≥ à 20% du débit de base de l’éclusées), un gradient minimal (> au gradient naturel maximal recalculé) et une limite haute sur le débit maximum (pour éliminer les événements de crues). Une grande variabilité des régimes d’éclusées du fait de la diversité des aménagements hydroélectriques et des fluctuations des apports hydrologiques et de la demande énergétique, a été constatée et illustrée.
Un indicateur synthétique différenciant 5 niveaux de perturbation hydrologique induit par les régimes d’éclusées a été construit. Le niveau de perturbation de chacune des 491 années de données a été évalué par expertise par 3 opérateurs selon les connaissances sur les impacts
biologiques des éclusées. Une analyse discriminante linéaire permet de reproduire ce classement à partir de 5 paramètres caractérisant les régimes d’éclusées (87% de bon reclassement). Les exemples montrent que l’indicateur est bien sensible aux changements de gestion des centrales et
permet d’apprécier les évolutions spatio-temporelles des régimes d’éclusées, notamment leur amortissement vers l’aval. L’indicateur peut être produit par année ou par période correspondant notamment à des phases biologiques. Son calcul automatisé ne nécessite que l’hydrogramme sur la période ciblée, la valeur du module du cours d’eau et les débits d’équipement des centrales en amont.
Cet indicateur constitue ainsi pour les gestionnaires un outil de « pré-diagnostic » des impacts biologiques et de suivi des évolutions spatiales et temporelles des régimes d’éclusées.
Une réflexion a été menée sur les études, méthodes et critères de définition des mesures de mitigation des impacts des éclusées, en s’appuyant sur une revue bibliographique et sur plusieurs études de cas (Dordogne, Maronne, Creuse, Gave d’Ossau). Les travaux portent majoritairement sur
la truite et le saumon atlantique. Les différents types d’étude ainsi que les mesures de mitigation possible ont été passés en revue et discutés. Pour plusieurs problématiques posées par la gestion par
éclusées (fonctionnalité et exondation des zones de reproduction ; échouage-piégeage des alevins ; dérive des alevins, conditions d’habitats), on a tâché d’extraire des différentes études de cas les résultats et les critères permettant de définir des mesures efficaces en tirant profit des retours
d’expérience sur leur efficacité lorsqu’elles ont pu être mises en oeuvre et suivies.