Partenaires

CNRS INPT UPS



Rechercher

Sur ce site


Accueil > Publications du laboratoire > Thèses et HDR > Thèse et HDR 2014 > Couplage Fluide-Structure dans l’Embolie Gazeuse du Peuplier

Couplage Fluide-Structure dans l’Embolie Gazeuse du Peuplier

24 mars 2014

Couplage Fluide-Structure dans l’Embolie Gazeuse du Peuplier

Marie Capron

Jeudi 3 Avril à 14h00

Amphithéâtre Nougaro

Sous réserve d’autorisation de soutenance par les rapporteurs

Résumé

Les arbres irriguent leurs organes par un système microfluidique complexe qui permet le transfert d’eau sous des pressions hydrostatiques négatives allant de - 0.1 à -13 MPa. Dans ces conditions de métastabilité, les arbres vivent avec le risque d’une vaporisation soudaine de leur sève, qui conduit à l’embolie. Après cavitation, la poche de gaz créée croît ensuite par différence de pression et diffuse dans les vaisseaux du xylème à travers des membranes poreuses appelées « ponctuations ». Ces membranes permettent d’assurer le transfert hydrique vasculaire et de lutter contre la propagation de l’embolie gazeuse pouvant conduire à un état létal de la plante.
Pour comprendre les mécanismes d’embolie d’air dans le xylème, nous avons pu étudier la structure des ponctuations du peuplier et caractériser par microscopie à force atomique (AFM) leurs propriétés mécaniques. Nous avons fait des expériences de nano-indentation et de flexion sur des échantillons secs et saturés en eau. Les premières expériences semblent montrer que les propriétés mécaniques sont peu affectées par la sorption d’eau (le module d’Young de la membrane primaire est E≈0.40 GPa). Nous avons pu établir que le module des ponctuations était inférieur à celui de la paroi vaisseaux du xylème (E≈8 GPa). Des expériences de micromoulages ont montré que les membranes des ponctuations se déforment sous l’effet d’une différence de pression. En tenant compte de la présence des parois secondaires, l’analyse par éléments finis de la déformation des ponctuations permet de calculer le module d’Young des membranes qui est identique à celui déterminé en AFM. Nous avons pu mettre en évidence que les mâchoires constituées par les parois secondaires limitent la déformation de la membrane au niveau de l’encastrement près du bord. Des expériences d’injection d’air ont permis de déterminer la pression critique (ΔP_c= 1.8 MPa) et les diamètres critiques des pores présents sur les valves capillaires (d_pore≈160 nm). La taille des pores estimée est cohérente avec les données de la littérature. Nous avons proposé une première modélisation de la propagation d’une embolie sur la base de l’écoulement de Darcy dans la membrane. L’ensemble des résultats semble montrer que la diffusion de gaz est rendu possible par l’effet conjoint de la déformation de la membrane qui génère l’ouverture des pores diminuant ainsi la pression critique de passage du gaz et de la rupture des ponts capillaires présents dans les pores de la membrane.

Mots-Clés : AFM ; Débit d’air ; Embolie ; Propriètés mécaniques ; Ponctuation ; Peuplier

Composition du Jury :

Joseph GRIL, Rapporteur

Philippe MARMOTTANT, Rapporteur

Anke LINDNER, Membre du Jury

Hervé COCHARD, Membre du Jury

François CHARRU, Directeur de Thèse

Philippe TORDJEMAN, Directeur de Thèse